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CAN 2015: Barry, le héros des Éléphants ivoiriens.

La Côte d'Ivoire a été sacrée championne d'Afrique après sa victoire sur le Ghana en finale de la CAN-2015, au terme d'un interminable séance de tirs au but (0-0, 9 t.a.b. à 8). Barry, le gardien des Éléphants, a été décisif.

Les Éléphants sont allés tout au bout du suspense dans cette CAN-2015 ! La Côte d’Ivoire a été sacrée championne d’Afrique, dimanche 8 février à Bata, en Guinée équatoriale, après sa victoire sur le Ghana au terme d’une séance de tirs au but irrespirable (0-0, 9 t.a.b. à 8). Ce nouveau sacre arrive 23 ans après le premier, en 1992… déjà contre le Ghana et déjà aux tirs au but !

Après deux finales perdues aux tirs au but en 2006 et 2012, la génération dorée des Éléphants, sansDidier Drogba, a mis fin à la malédiction. Le sélectionneur français Hervé Renard entre également dans l’histoire, en gagnant sa deuxième Coupe d'Afrique avec deux pays différents, après son succès en 2012 avec la Zambie, déjà aux tirs au but.

C'est cruel toutefois pour les Black Stars, présents dans le dernier carré des cinq dernières éditions, qui repartent encore une fois sans leur cinquième trophée, après les succès de 1963, 1965, 1978 et 1982. Andre Ayew était d’ailleurs iconsolable à la fin du match, malgré les tentatives d’Hervé Renard pour le consoler.

Écrasés par l’enjeu

Si le match a été plutôt terne et très fermé, heureusement, le final a été d’une incroyable intensité ! Mais il a fallu attendre 120 minutes, la peur de se livrer ayant paralysé les joueurs tout au long de la rencontre. Sous une pluie fine, les défenseurs ont pris le pas sur les attaquants, taclant sans relâche, plutôt proprement et ne laissant rien passer, d’un côté comme de l’autre.

Les Éléphants ont tout donné durant les 20 premières minutes, avant de s’éteindre petit à petit, mais les Black Stars n’ont pas su en profiter. Atsu (26e) et Andre Ayew (36e) n’ont pu faire mieux que toucher les poteaux.

Côté ivoirien, Gradel, auteur d’un très bon tournoi, n’a pas été à la hauteur dans cette finale et Gervinho a été très vite fatigué après quelques chevauchées solitaires. Bony ne s’est jamais vraiment montré dangereux, quant à Yaya Touré, il a été transparent et maladroit, comme en début de tournoi.

Chez les Black Stars, ce n’était guère mieux : l’équipe était certes bien en place avec une défense infranchissable, mais les Ghanéens ont cruellement manqué d’imagination en attaque, à l’image d’Andre Ayew et de Gyan. Seul Atsu, sacré par ailleurs meilleur joueur de la compétition, est sorti du lot, mais sans succès.

Et malgré quelques rares occasions de chaque côté en deuxième période, le tableau d’affichage est resté désespérément vierge. La prolongation, totalement insipide, n’y a rien changé.

Barry, le héros des Éléphants

La cruelle séance des tirs au but a alors commencé, très mal pour les Ivoiriens : Bony et Tallo ont tous les deux raté leur tir, tandis que Wakaso et Jordan Ayew permettaient aux Black Stars d’entrevoir la victoire. Puis Aurier et Doumbia ont réussi, tandis qu’en face, Acquah et Acheampong échouaient. Les deux équipes étaient alors à égalité et après les transformations d’Andre Ayew et de Yaya Touré. À égalité 3-3 après cinq tireurs, ce fut la mort subite.

Le gardien ivoirien Copa Barry, qui disputait là son premier match de la CAN, en remplacement du titulaire Sylvain Gbohouo, blessé, a alors commencé son show. Pris de crampes - ou très bon comédien - il s’est fait soigner à deux reprises, avant d’intimider les tireurs face à lui. Une stratégie payante face au dernier tireur, son homologue Razak Braimah, alors que lui avait remporté son duel de gardien juste avant. Barry est ainsi passé avec cet arrêt du statut de remplaçant à celui de héros national en Côte d’Ivoire !

Après la victoire de la Côte d'Ivoire contre le Ghana (0-0, 9-8 t.a.b.) en finale de la CAN, Hervé Renard a souligné l'importance de ce titre pour le pays des Elephants. «Ça réunit même ceux qui ne pensent pas la même chose au pays.»

Hervé Renard (sélectionneur de la Côte d’Ivoire, sacrée championne d’Afrique) : «Je suis content pour le peuple ivoirien, on a toujours gardé le cadre, on s’est dit des vérités. Là, les gars sont récompensés. On peut perdre quelque fois mais l’important c’est de rebondir, ne jamais lâcher. Cette victoire est magique pour tout le monde, ça réunit même ceux qui ne pensent pas la même chose au pays. Ce sera une Côte d’Ivoire plus qu’heureuse. C’est certainement le plus important. Contre le Cameroun, j’ai senti qu’on pouvait gagner ce tournoi car c’était un très grand Cameroun. On était dans un groupe très difficile, les joueurs ont fait ce qu’on n’imaginait pas. A 2-0, aux tirs au but, je me disais que l’histoire allait se répéter, on y a cru jusqu’au bout. Juste avant que Copa ne frappe le penalty, j’ai dit : "un gardien qui a travaillé avec Jean-Marc Guillou est capable de tirer…"»

Copa Barry (gardien de la Côte d’Ivoire, au micro de Canal + Sport) : «J’ai été critiqué, mais je suis capable de progresser. Je ne suis pas grand par le talent, ni par la taille, mais j’ai envie de progresser, j’ai travaillé pour l’équipe. Ma maman souffrait. (En larmes) Merci à elle, merci à tous les Ivoiriens. Le foot m’a permis de voyager, il n’y a pas de place pour tout le monde ; mais il y a la place pour le travail. Dieu m’a récompensé.»

Yaya Touré (capitaine de la Côte d’Ivoire) : «Vous gagnez parfois en club et c’est magique mais avec le pays, c’est quelque chose d’exceptionnel. On a travaillé pour gagner ça, c’est énorme. On va essayer de fêter avec la famille. J’ai tellement attendu ce moment et quand vous soulevez le trophée comme capitaine… Nous devons féliciter le manager qui a fait un grand travail, on a eu de critiques souvent agressives. Le coach nous a dit de laisser nos « étoiles » en chambre. En huit ans, je suis tombé deux fois en finale. C’est dur alors là, c’est tellement fantastique. Je suis si heureux. Merci au manager. Les tirs au but ? Quand mon frère a tiré, c’était comme si je tirais… Cette séance, c’est ce que je déteste le plus au monde mais j’aime bien les tirer en match. Ça a été super et je veux féliciter Copa. C’est lui qui nous donne le trophée alors qu’il a vécu des moments difficiles. On a été là un mois et ça a été dur, le manager (Renard) m’a rendu parfois les choses difficiles mais il est fantastique.»

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